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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 16:45

L'intercommunalité a fait l'objet de nombreuses critiques ces derniers mois. On lui a reproché, à juste titre, sa responsabilité sur l'inflation des impôts locaux, ses dérives en termes de dépenses de fonctionnement et de traitement des élus, ou encore, l'existence de "coquilles vides" (intercommunalité d'aubaine créées uniquement pour récupérer la manne financière de la DGF). Ces critiques ont été confirmées par la Cour des comptes dans son rapport du 23 novembre 2005 : http://www.ccomptes.fr/cour-des-comptes/publications/rapports/intercommunalite/rapport.pdf.

Aujourd'hui, l'intercommunalité ne fait l'objet d'aucune proposition dans la campagne présidentielle 2007. Pourtant, c'est une question fondamentale pour l'avenir de notre territoire. Doit-on se contenter d'une intercommunalité pleine de dysfonctionnements, qui pénalisent les contribuables et le dynamisme de nos communes, où d'une intercommunalité réellement respectueuse de notre richesse communale, de ces 36 000 clochers qui font aussi la richesse de la France ? La question est à poser aux candidats.

 

 

 

 

 

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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /Sep /2006 18:08

"Sortir des intercommunalités sans projet"

La Gazette des communes du N° 68/1838  du 15/05/2006

 Par Philippe PEMEZEC et Patrick BEAUDOUIN, députés.

Comme nous avons pu l’exposer dans notre ouvrage Le livre noir de l’intercommunalité, les incohérences de la loi Chevènement, publié en septembre dernier, les rigidités de la loi du 12 juillet 1999 en terme de liberté d’entrée et de sortie d’une commune au sein d’une intercommunalité, ainsi que la mauvaise délimitation des périmètres, ont généré une insécurité juridique forte.

 

Dans le sillage de cette loi, il est aujourd’hui admis que, dans certains cas, il a fallu « faire du chiffre » en matière de constitution d’intercommunalité. De nombreux maires nous ont fait part de leur désarroi, à l’époque, face à une loi marquée du sceau de la contrainte plutôt que de l’incitation. Parfois même, les enjeux politiques locaux ont pris le pas sur des considérations d’aménagement du territoire et de synergies. On a alors assisté à des « mariages forcés », pour reprendre l’expression de Brice Hortefeux, dévoyés par des considérations politiques ou par des effets d’aubaine. Il y aussi un « manque de pertinence territoriale par rapport aux bassins de vie, aux bassins d'emploi ou aux zones de chalandise » a par ailleurs affirmé le Ministre délégué aux collectivités locales au Congrès de l’ADCF d’Angers, en octobre dernier.

 

Des créations et des extensions d’intercommunalité se sont également déroulées au mépris des règles institutionnelles. Ainsi, les Commissions départementales de la coopération intercommunale (CDCI), instances sensées porter une logique de concertation, ont été à maintes reprises court-circuitées, aboutissant à des périmètres intercommunaux imposés de force.

 

Cette mauvaise adéquation entre volonté partagée, projet préalablement défini et logiques de territoire, a contribué à installer, en marge des intercommunalités qui fonctionnent, une intercommunalité des « malgré nous », source de pesanteurs et de frustrations. Cette intercommunalité en demi teinte participe du constat amère de la Cour des Comptes, qui a dénoncé dans son récent rapport « une situation [qui] n'est pas pleinement satisfaisante » au plan qualitatif. Ce constat est particulièrement avéré en IIe-de-France où nombre d’intercommunalités n’ont pas su épouser les logiques d’aménagement du territoire. Ou, lorsqu’elles les respectent, s’émancipent du cadre de la loi Chevènement, comme c’est le cas de l’ACTEP (Association des Collectivités Territoriales de l'Est Parisien) qui a choisi la voie associative avec succès pour créer les conditions d’une cohérence territoriale. Le Président du Sénat, Christian Poncelet, le 27 janvier 2006 à Besançon, s’est voulu très ferme à ce propos : « Je le dis haut et fort, en matière d'intercommunalité non plus, il ne peut pas y avoir de mariage forcé ! Il s'agit là d'une impérieuse nécessité !» Nous ne pouvons que souscrire à cette prise de conscience.

 

Dans cette perspective, il faut saluer la proposition faite par le ministre délégué aux collectivités locales, le 17 mars dernier au Sénat, concernant la possibilité d'une procédure de retrait dérogatoire qui pourrait s'exercer pendant un court délai (six mois) à l'issue d'une période de deux ans après les élections municipales et sous réserve de fixer les conditions du « divorce » sous le regard de la CDCI.

 

Ce dispositif constituerait, selon nous, un premier pas important vers une intercommunalité conçue comme un véritable projet auquel chaque commune adhère librement, suite à une concertation entre les conseils municipaux. Si on ajoute à cela la suppression de l’obligation, dans le cas de Ile-de-France, d’adhérer à une autre intercommunalité, un souffle de liberté serait véritablement introduit dans le mécanisme rigide qui préside à la loi Chevènement.

 

Il est, en effet, temps de choisir la concertation plutôt que la contrainte, de privilégier la qualité et non la quantité. Car la définition des périmètres est le symptôme d’un malaise plus large qui doit, de notre point de vue, être résolu.

 

De nouvelles propositions de rationalisation des intercommunalités sont attendues en juin prochain par le ministère de l’intérieur, nous souhaitons qu’elles s’inspirentdes trois principes que nous appelons de nos vœux : rigueur, liberté, transparence.
Par administrateur - Publié dans : intercommunalite
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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /Sep /2006 18:05
JOURNAL OFFICIEL DU MARDI 12 SEPTEMBRE 2006
 
 
ASSEMBLEE NATIONALE

QUESTIONS ECRITES
 
 
Coopération intercommunale
 
(Bilan – perspectives)
 
 
 
QUESTION ECRITE N° : 103458 de M. PATRICK BEAUDOUIN
DEPUTE DU VAL-DE-MARNE
 
 
Question. - M. Patrick Beaudouin attire l’attention de Monsieur le Ministre délégué aux collectivités locales sur la clarification et la rationalisation des structures intercommunales. Le ministre de l’intérieur et le ministre délégué aux collectivités territoriales, par une circulaire du 23 novembre 2005, ont engagé les préfets à contribuer au renouvellement des pratiques, dans le sens de la clarification et de la rationalisation des structures, de leur fonctionnement et de leur rôle envers les administrés. Ainsi, la rationalisation des périmètres doit être favorisée par l’élaboration, dans chaque département, d’un schéma d’orientation de l’intercommunalité, qui doit recenser les évolutions souhaitables de la carte intercommunale (notamment fusions de structures, élargissements de périmètres et transformation des syndicats mixtes en EPCI à fiscalité propre). Cette rationalisation est à même de répondre à la préconisation du récent rapport de l’Observatoire des Finances Locales sur « les finances des collectivités locales en 2006 » selon lequel « la clarification des relations entre les communes et les groupements doit être recherchée ». Cette rationalisation est d’autant plus souhaitable que les économies d’échelle, suite aux transferts de compétences, notamment en terme de personnel, tardent à se concrétiser. En effet, d’après le rapport précité, « l’évolution des charges de personnel pour l’ensemble des groupements à fiscalité propre progresse à un rythme toujours soutenu, l’augmentation est de +13,1% entre 2004 et 2005 (elle était déjà de +13,1% entre 2003 et 2004) ». Or, ce même rapport précise que la progression des charges pour les communes continue d’augmenter de 3,8% par rapport à 2004. Ces chiffres laissent craindre une persistance des doublons de personnel pour une compétence donnée entre communes et groupements de communes. C’est pourquoi, il lui demande de bien vouloir lui faire part de l’état de la mise en œuvre des schémas d’orientation de l’intercommunalité, conformément à la circulaire du 23 novembre 2005, et plus particulièrement, de lui faire part de son analyse de la situation en terme de rationalisation du personnel.
Par administrateur - Publié dans : intercommunalite
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Mercredi 30 novembre 2005 3 30 /11 /Nov /2005 19:17
Profession Politique
Collectivités territoriales : l’intercommunalité déjà dépoussiérée ? [mercredi 30 novembre 2005]

Philippe PÉMEZEC et Patrick BEAUDOUIN persistent. Et signent une proposition de loi commune - un mois après avoir coécrit un Livre noir de l’intercommunalité - déposée cette semaine et visant à bousculer les règles établies en la matière. Partant de constats similaires à ceux effectués récemment par la Cour des comptes - complexité, opacité et inefficacité des structures intercommunales -, les deux députés UMP franciliens réclament "plus de rigueur, plus de liberté et plus de transparence".
Patrick BEAUDOUIN et Philippe PÉMEZEC - qui estiment que "l’intercommunalité ne peut être remise en cause, même si elle n’est pas justifiée partout" - souhaitent ainsi "une redéfinition des périmètres intercommunaux, dont on s’aperçoit qu’ils sont souvent inadaptés", "la possibilité pour les communes qui le souhaitent de quitter facilement l’ensemble auquel elles appartiennent", des "exigences renforcées en matière de communication financière" ainsi que "la prise en compte du poids fiscal de chaque commune". Des suggestions qui pourraient bien susciter l’écoute attentive de parlementaires qui participent régulièrement aux concerts de récriminations suscités aujourd’hui par l’intercommunalité.
Par kloupit - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 16:08
Par HKink - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 16:06

INTERCOMMUNALITÉ

24  novembre  2005
Une circulaire pour «relancer» l’intercommunalité

Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités territoriales, a confirmé hier aux maires de France réunis en congrès qu’il souhaite bien mettre en œuvre des solutions aux principales critiques adressées à l’intercommunalité.
Des solutions en fait suggérées par le désormais fameux rapport de la Cour des comptes que Philippe Séguin, son président, a rendu public hier dans le cadre du 88ème congrès - voir nos autres infos de ce jour - et dont les grandes lignes sont connues depuis plusieurs mois.
Soulignant que le gouvernement mise pleinement sur l’intercommunalité », le ministre délégué a pour sa part annoncé la signature d’une circulaire aux préfets pour passer à un «nouvel âge de l’intercommunalité». Un texte qui devrait se traduire par une «relance» autour de trois axes prioritaires.
La rationalisation des périmètres, d’abord.
Il s’agit d’éviter de créer des communautés de communes de moins de 5.000 habitants. De même, a précisé Brice Hortefeux, il faut éviter de créer de nouveaux EPCI reposant sur seulement 2 communes : «les périmètres pertinents sont ceux qui sont cohérents en termes de bassins de vie, de bassins d’emplois, de zones de chalandises et de flux de transports.»
Le ministre délégué a indiqué que les commissions départementales de la coopération intercommunales (CDCI) «travailleront très prochainement à un schéma d’orientation qui fixera le cap sur le moyen terme d’une communauté idéale.» Il ne s’agira pas d’une «nouvel instrument contraignant» mais d’un «instrument de concertation et de dialogue».
Second axe prioritaire : la définition de l’intérêt communautaire. L’échéance du 18 août 2005 pour cette définition a été repoussée d’un an par la loi du 13 juillet 2005. Pour le ministre, qui n’a pas confirmé que ce délai serait le dernier, la nouvelle échéance est cependant une «occasion unique pour les EPCI et leurs communes membres de mettre leurs statuts en conformité avec la réglementation en vigueur et d’engager de véritables réflexions pour renforcer l’efficacité de leurs interventions et la cohérence de leurs projets communs.»
Enfin, la « relance » de l’intercommunalité passe, selon le ministre délégué, par une « clarification des relations financières entre communes et EPCI.» Il a précisé que le préfet devra «veiller ce que l’évaluation des charges correspondant aux transferts de compétences soit réalisée en toute objectivité et ne soit pas arrêtée à un montant inférieur à la réalité.»


www.maire-info.com © DEXIA CLF et A.MF. 2001
Par jk - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 15:27

Rapport de la cour des comptes : http://www.lesechos.fr/info/rew_france/200066501.htm

Rapport Mariton sur la fiscalité locale : http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-enq/r2436.asp

Le livre noir de l'intercommunalité. Les incohérences de la loi Chevènement, Patrick Beaudouin et Philippe Pemezec : http://philippepemezec.com/

Communes intercommunalités, quels devenir ? Rapport du Conseil économique et social : http://www.ces.fr/ces_dat2/2-3based/base.htm

Par FT - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 15:19

 

Octobre 2005



Le journal des maires

Editorial.

Intercommunalité : l’heure du bilan

Pluie de critiques sur l’intercommunalité en ce début d’automne. « L'impact de l'intercommunalité est bien souvent décevant en termes de mutualisation des moyens et des personnels », a ainsi déclaré le ministre délégué aux Collectivités territoriales, le 22 septembre, lors des IXe Assises des petites villes de France. Et de pointer du doigt « des dérives inadmissibles qui portent atteinte à la crédibilité de toutes les communautés ». Côté Parlement, deux députés viennent également de présenter un « Livre Noir de l’Intercommunalité » (1), soulignant quelques incohérences de la loi Chevènement. Ce document fait état de sérieuses inquiétudes quant à la tournure que prendrait aujourd’hui l’intercommunalité en France.
Il est vrai qu’en ce domaine, certaines difficultés ont pu être constatées. En témoignent le récent report du délai imparti aux communautés pour définir leur « intérêt communautaire » (2), ou encore certains bilans, tel que celui des fusions de communautés, qui peuvent laisser perplexe (3). Côtés administrés, enfin, la multiplication des structures et la difficulté pour clarifier les rôles de chacune posent sans doute encore un problème de lisibilité.
Pourtant, il reste indéniable que les structures intercommunales parviennent, la plupart du temps, à mutualiser intelligemment des moyens matériels et humains au service des communes rurales, tout du moins lorsque les élus apprennent à travailler ensemble. Mais si le bon sens devrait inviter à ce que les dépenses des communes baissent corrélativement à l'augmentation des dépenses d'intercommunalité, tel ne semble pas toujours être le cas sur le terrain.
Sans grande surprise l’Assemblée des communautés de France s’estime, pour sa part, satisfaite du bilan de l’intercommunalité. L’ADCF vient d’ailleurs de diffuser un sondage IFOP faisant apparaître que « 87 % des Français estiment que l’intercommunalité est une bonne chose pour leur commune ».
A terme, c’est précisément aux électeurs qu’il devrait revenir de trancher la question du bilan de l’intercommunalité. Mais pour l’horizon 2008, cette éventualité ne semble toujours pas envisagée.

Christophe Robert

(1) Patrick Beaudouin, Philippe Pemezec, « Le Livre noir de l’intercommunalité », 26 septembre 2005.
(2) Voir à ce sujet « Un cavalier parlementaire au secours de l’intercommunalité », Journal des Maires, septembre 2005, page 5.
(3) Lire notre dossier consacré à ce sujet, « Fusions de communautés : premier bilan mitigé », pages 52-55 de ce numéro.

Par PS - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 15:17

Le Le Figaro

 


L'intercommunalité contestée

 

Sophie Huet.
[11 octobre 2005]

 

DÉCENTRALISATION. Patrick Beaudouin, député-maire UMP de Saint-Mandé (Val-de-Marne), et Philippe Pemezec (UMP, Hauts-de-Seine) ont établi un rapport sur l'intercommunalité, qui souligne les «rigidités» et les «contraintes» de la loi du 12 juillet 1999 sur le renforcement de la coopération intercommunale, votée à l'initiative de Jean-Pierre Chevènement.

 

«L'intercommunalité constitue une strate administrative supplémentaire dans la plupart des cas, et ses compétences doublonnent souvent avec celles des syndicats intercommunaux», relève Patrick Beaudouin. L'élu du Val-de-Marne ajoute que la loi Chevènement a conduit à la création d'intercommunalités «faites de force, et sans projet fédérateur», avec une mairie principale très puissante, et des communes qui ne peuvent pas en sortir. «La pire des choses est l'intercommunalité des malgré-nous», a coutume de dire Gérard Pelletier, le président de l'Association des maires ruraux de France.

 

Dans leur rapport, Patrick Beaudouin et Philippe Pemezec proposent de clarifier la notion d'intérêt communautaire. Ils préconisent la création d'établissements publics de coopération intercommunale (Epci) à fiscalité propre, subordonnée à la définition préalable d'un projet commun.

 

Les députés UMP demandent que chaque commune dispose d'un droit de veto «lorsqu'un projet se situera sur son seul territoire» et puisse «à tout moment» se retirer de la structure intercommunale «si la majorité du conseil municipal vote en faveur de ce retrait».

 

 

Par GT - Publié dans : intercommunalite
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Lundi 28 novembre 2005 1 28 /11 /Nov /2005 15:14

L'intercommunalité fait l'objet d'un flot de critiques [ Les Echos - 7 octobre 2005]

 

 

 

Les communautés de France tiennent à Angers leur convention annuelle en plein climat de défiance. Un nouveau rapport parlementaire pointe les dérives, tandis que la Cour des comptes affûte ses critiques.

 

 

 

Deux mois après le rapport Mariton, très critique quant à leur incidence sur la fiscalité locale, les 2.525 communautés de France, dont l'association, l'ADCF, a ouvert hier sa convention nationale à Angers, essuient une nouvelle et forte bourrasque. Dans le « Livre noir de l'intercommunalité » qu'ils viennent de rendre public, les députés UMP Patrick Beaudouin et Philippe Pemezec dénoncent « les incohérences » sur lesquelles a débouché la loi Chevènement de 1999 relative au développement de la coopération intercommunale. Premier grief, elle produit de l'« insécurité juridique ». Eu égard, notamment, aux « approximations et aux retards répétés dans la définition de l'intérêt communautaire », la frontière entre les compétences communale et intercommunale ne sont jamais claires, font valoir les deux parlementaires, qui pointent aussi une « mauvaise mutualisation des moyens et des compétences ». Tant et si bien que la coopération intercommunale à fiscalité propre coûte plus que ce qu'elle est censée permettre d'économiser. Ces communautés sont aussi accusées d'opacifier un paysage institutionnel local déjà encombré, d'où la proposition de ne pas en créer là où leur périmètre « se superpose à des syndicats intercommunaux ».

 


« Faire du chiffre »

 

Brice Hortefeux, présent aujourd'hui à Angers, n'est pas moins sévère. « Trop d'intercommunalités se sont construites sans pertinence territoriale, sans opérer pleinement les transferts de compétences ou rechercher les économies d'échelle auxquelles il aurait fallu aboutir », déplorait le ministre délégué aux Collectivités territoriales la semaine dernière à Valence devant les présidents de conseils généraux. La Cour des comptes n'est pas en reste. Dans le rapport qu'elle doit rendre public cet automne, elle se montre très critique sur le rôle joué par l'Etat, notamment par les préfets, lors de la phase constitutive des communautés. Aux yeux des rapporteurs, la volonté de « faire du chiffre » l'aurait emporté sur le souci de qualité.

 

 

A l'ADCF, on ne nie pas l'existence de « quelques coquilles vides », pas plus que la réalité de certaines évolutions, comme la très forte hausse des dépenses environnementales (13,3 milliards d'euros en 2002, le double de celles des communes), la compétence la plus lourde des intercommunalités. « C'est vrai, la fiscalité intercommunale, via la taxe sur les ordures ménagères, explose, mais cette dérive des coûts est un phénomène exogène, largement imputable aux exigences de Bruxelles en matière de normes. Sans l'intercommunalité, les communes, seules, ne pourraient pas faire face », plaide un spécialiste de l'association présidée par Marc Censi, le maire UMP de Rodez.

 

 

Dans l'opinion, les communautés constituent un échelon reconnu. Selon un sondage Ifop, commandé par l'ADCF, près de deux Français sur trois (63 %) savent que leur commune appartient à un groupement et ils sont 87 % à considérer que l'intercommunalité est une « bonne chose » pour leur commune. Ce point de vue pourrait cependant évoluer dans un sens moins favorable. Telle qu'elle figure actuellement dans le projet de loi de Finances pour 2006, la réforme de la taxe professionnelle (TP), qui représente 97 % de leurs rentrées fiscales hors TOM (taxe sur les ordures ménagères), pourrait restreindre les marges de manoeuvre financière des communautés. Pour en retrouver, beaucoup seront tentées d'opter en faveur d'une fiscalité mixte et de prélever également des impôts ménages (taxe d'habitation, taxe sur le foncier bâti). Actuellement, selon le rapport Mariton, 97 communautés de communes, 7 communautés d'agglomération, 4 communautés urbaines ont franchi le pas.

 

 

JOËL COSSARDEAUX

 

 

 

Par HZ - Publié dans : intercommunalite
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